02/04/2011

Tortures dans les prisons: Ministre de la Justice Stefaan De Clerck (1)

TORTURES DANS LES PRISONS BELGES - ARBI ZAMAEV: LETTRE OUVERTE AU MINISTRE DE CLERCK (CD&V, Parti des Démocrates-Chrétiens)  - Traduction française

Bruxelles, 26.3.2011

Cher Monsieur De Clerck,

Objet: Arbi Zarmaev, prison de Bruges, nécessité urgente d’examiner son cas et d’intervenir

On m’a appris la nouvelle que le rufugé politique Tchetchène Arbi Zarmaev, dont vous prévoyez l’extradition sur demande de la Fédération Russe, est actuellement enfermé sous les condittions les plus inhumaines dans une cellule d’isolement à la prison de Bruges.

Avant son transfert vers la prison de Bruges, Monsieur Zarmaev était détenu dans la prison de Hasselt.

Là, cet homme, qui se trouve dans un état physique lamentable (il ne pèse plus que 50 kilos) a passé quatre jour dans la cellule d’isolement de la section haute surveillance de la prison.
Cela c’était produit après qu’on l’eût faussement accusé d’avoir ’délibéramment provoqué’ une bagarre entre détenus, ce pourquoi il a été puni de la sorte sans avoir été donné la possibilité de se défendre contre cette accusation.

Pendant ce séjour en cellule d’isolement ses mains ont été liées par une chaîne en fer sur le dos, de sorte qu’il lui était impossible de bouger, ce qui lui a provoqué des blessures profondes au niveau des poignets.

Il aurait été forcé à rester quasiment nu dans sa cellule et on lui aurait jeté son pain comme on ferait avec un chien, sans lui quitter les chaînes qui retenaient ses bras et ses mains.

Le frère de Monsieur Zarmaev constata lors de sa visite que son frère était déshydraté et qu’il avait des hématomes partout sur son corps et qu’il grièvement blessé à la hauteur du nez. 

On refusait de lui apporter suffisament d’eau potable, ce qui l’amenait à essayer de boire l’eau du réservoir au dessus de toilet. 

Il a interpellé le directeur de la prison de Hasselt à ce sujet, mais ce monsieur semblait trouver les faits qui lui étaient rapportés tout à fait normaux. de sorte à ce qu’il ne se sentait pas sollicité à intervenir de quelque faćon que ce soit.

Et aujourd’hui donc, Monsieur Zarmaev se trouve être enfermé dans la cellule d’isolement de la prison de Bruges, où on lui réserve le même traitement qu’il a connu avant, tandis qu’en réalité il a besoin de soins médicaux urgents. Il craint qu’on veut le détruire psychiquement en essayant de le rendre fou et qu’on finira par le tuer.

Vue que nous sommes au courant des pratiquent qu’on employe parfois dans les prisons de Hasselt et Bruges, et qu’il n’y a aucun contrôle sur les prisons dans ce pays (la loi sur les prisons de 1994 qui était censée protéger les droits des détenus, n’est toujours pas appliquée, malgré les nombreuses condamnations par l’Union Européenne sur ce point à l’encontre de l’état belge), je vous prie donc de vouloir en tant que ministre de la Justice, donner l’ordre d’examiner ce cas et de prendre les mesures urgentes concordantes.

On administre à ce moment un sérum à Monsieur Zarmaev, mais sa famille craint pour sa vie parce que son état continue de détoriérer.

Espérant une prompte réponse de votre part, je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.


Jan Boeykens, Rue Faider 10, 1060 Saint-Gilles (Bruxelles)


UPDATE: Mr Arbi Zarmaev est maintenant enfermé dans la cellule d’isolement de la prison de Bruges, après avoir passé quatrre jours sous des criconstances inhumaines dans la cellule d’isolement de la prison de Hasselt. Il a été privé d’eau pendant 4 jours.

En ce moment on utilise des techniques de torture contrre lui à fin de le briser psychiquement. Ainsi on a adopté l’habitude d’aller frapper continuellement pendant la nuit sur la porte de sa cellule. A part cela, on entre chaque quart d’heure dans sa cellule pour le réveiller en l’eblouissant avec une torche électrique.

Le directeur de la prison aurait entre-temps rédigé un rapport pour se protéger contre les suites éventuelles d’une examination du cas de Mr Zamaev. Dans ce rapport il mentionnerait l’ordre qu’il aurait donné de «laisser Mr Zamaev autant que possible en paix vu le mauvais état de sa santé».

Ministre De Clerck, qui à signé il y a quelque jours un document préparant l’extradition de Mr Zamaev vers la Fédération Russe, a déclaré après un entretien avec l’ambassade Russe, «qu’il n’y avait aucun risque de ce que Mr Zamaev soit torturé dans une prison Russe ou Tchetchène»

Actuellement l’affaire est examinée par Le Conseil d’Etat qui a entre autre la tâche de se prononcer sur les chances qu’il y a que le procès contre Mr Zamaev se déroulera d’une manière equitable et objective et sur les éventuelles risques qu'il y que les droits fondamentaux de Mr Zamaev seront violés au cas d’un extradition vers la Fédération Russe.

En Tchetchénie, les droits de l’homme ne sont pas du tout respectés. Les derniers opposants qui restent au régime actuel, sont en train d’être tout simplement liquidés. C’est ce qui explique pourquoi il y a tant de réfugiés politiques tchetchènes.

Dans le cas où on décidera d’extradier Mr Zamaev, il est presque sûr qu’il sera assassiné. Dans ce sens, ministre De Clerck, sur qui on exerce apparemment une forte pression politique, a signé une sorte de condamnation à mort à ĺ’encontre de Mr Zamaev dont la légalité est fort douteuse, vue qu’il s’agit d’une décision politique personelle et qu’on ne respecte pas les procédures réglementaires pourvues par la loi.

En outre, le fait d’approuver la décision prise par De Clerck entrainera la conséquence que d’autres réfugés politiques risquent d’être renvoyés de la même facon vers leur état d’origine où les attend la menace d’être torturés ou assassinés. Cela porterait une grave atteinte au statut légal des réfugiés politiques dans notre pays.

 

02:23 Écrit par Jacqueline de Cro dans Actualité, Prisons | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |